Le patron de mon hôtel

Lorsque je rapporte sur ce blog les événements d’un voyage, je sais par expérience qu’il faut des fois savoir attendre pour avoir de la matière, à savoir des anecdotes un minimum intéressantes à raconter (car oui, un voyage ne peut pas être 100% du temps génial et passionnant). D’un autre côté, il faut aussi donner des nouvelles de façon régulière.

Bref, tout ça pour dire que cette nuit, j’ai enfin mon anecdote taïwanaise.

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Le patron des 2 hôtels où je travaille à Hualien est un petit gros nerveux à lunettes qui transite sans cesse en scooter entre ses deux « propriétés » (à deux rues d’intervalle l’une de l’autre) et, accessoirement, parle un peu l’Anglais. Pour se faire comprendre, il a recours au traducteur de son téléphone, à l’intermédiaire du volontaire malaisien (qui parle Chinois, puisque comme pas mal de Malaisiens, il est d’origine chinoise) ou tout simplement ses rudiments dans la langue de Shakespeare.

Rudiments qui consistent en gros en « My friend, my friend » (il ne prend pas la peine de retenir les prénoms des volontaires : tout le monde est « my friend, my friend »), clean/dirty/room et bien évidemment « Ok-ok-ok ». Qui peut à vrai dire signifier tout et son contraire. Du coup, c’est parfois difficile de savoir si il est content du travail que l’on fait ou si il a quelque chose à reprocher. Par exemple, hier, je ne savais pas si il me disait que je faisais trop d’heures (on a 25 heures à faire par semaine) ou que je n’en glandais pas une.

Bref. Dans le même temps, on a pris l’habitude avec des volontaires d’aller jouer au billard à la salle de jeux du coin (et boire quelques bières par la même occasion, de façon purement fortuite). Ce soir, quelle n’est pas notre surprise de voir débarquer en pleine partie notre patron, qui propose même de nous payer une partie et des bières (et qui le fait).

Et il gère, au billard, le bougre. Lorsqu’il nous lamine en 2 secondes chrono en main et qu’il se contente de commenter modestement d’un « Ok-ok-ok », on a un fou rire.

La soirée terminée, on rentre à l’hôtel. Il nous a devancés (oui, nous à pied, lui encore en scooter). On lui adresse le « Hey! » amical typique des gens un peu éméchés. Il nous regarde en silence de façon sérieuse (et mystérieuse, à la asiatique, quoi 😛 ), comme si il ne voyait pas de quoi il s’agissait et si nous n’avions jamais passé la soirée ensemble.

Ok, my friend, comme tu veux.

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